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Hooliganisme et casseurs, deux réalités à ne pas confondre

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Il y a des mots que l’on utilise trop vite. Hooligans. Ultras. Supporters. Casseurs. À force de tout mélanger, on finit par ne plus comprendre ce que l’on regarde et, surtout, on finit par mal répondre à la violence.

Le hooliganisme et les casseurs relèvent tous deux du désordre public, parfois de la violence pure. Pourtant, ils ne procèdent pas de la même logique. Ils n’ont pas la même histoire, pas les mêmes codes, pas les mêmes objectifs.

Le hooliganisme vient du football

Le hooliganisme appartient d’abord à l’univers du football. Il est né autour des stades, des déplacements, des rivalités entre clubs et des affrontements entre bandes adverses.

Le hooligan ne vient pas seulement assister à un match. Il vient parfois chercher l’autre. Il cherche le contact, l’affrontement, la domination symbolique d’un groupe sur un autre. Son terrain naturel reste donc le football, même si la violence peut évidemment déborder très loin du stade.

Cette violence est souvent organisée. Elle possède ses codes, ses réseaux, ses rendez-vous, ses ennemis désignés. Dans certains cas, les forces de l’ordre deviennent elles aussi une cible, non par hasard, mais parce qu’elles représentent l’obstacle à l’affrontement recherché.

Il faut d’ailleurs être précis. Tous les ultras ne sont pas des hooligans. Tous les supporters passionnés ne sont pas des violents. Un supporter chante, soutient son équipe, vit une émotion collective. Un hooligan utilise le football comme un territoire d’affrontement.

Le casseur utilise la foule comme cachette

Le casseur, lui, fonctionne autrement.

Il n’a pas nécessairement de lien avec le football. Il peut apparaître lors d’une victoire sportive, d’une manifestation, d’une fête de la musique, d’un 31 décembre, d’un grand rassemblement populaire. Ce qui l’intéresse n’est pas toujours l’événement lui-même. Ce qui l’intéresse, c’est la foule.

La foule lui permet de se dissimuler. Elle lui offre une protection, une excitation, un sentiment d’impunité. Il vient casser, piller, brûler, provoquer, affronter, parfois filmer, parfois se mettre en scène. Le prétexte change, mais la mécanique reste la même.

Dans cette logique, le football n’est plus une passion dévoyée. Il devient seulement une opportunité. Hier, un match. Demain, une fête et après-demain une manifestation. Le casseur n’est pas un amoureux du sport devenu violent. Il est un délinquant qui profite d’un moment collectif pour se noyer dans la masse.

La confusion affaiblit la réponse

Cette distinction n’est pas théorique, mais essentielle.

Face au hooliganisme, il faut travailler sur les groupes identifiés, les déplacements, les rivalités, le renseignement sportif, les interdictions de stade, les coopérations entre clubs, préfectures et services spécialisés. La Convention européenne sur la violence des spectateurs vise précisément cette logique de prévention et de maîtrise des débordements lors des manifestations sportives.

Face aux casseurs, la réponse doit être différente. Il faut anticiper les points de concentration, protéger les commerces, empêcher les pillages, extraire les fauteurs de troubles, judiciariser vite et appliquer fermement les textes existants. Le Code pénal sanctionne notamment la participation à un groupement formé en vue de préparer des violences ou des dégradations, ainsi que la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui.

Dire cela ne minimise rien. Au contraire, cela permet de nommer correctement les choses.

Un hooligan est lié à une culture violente de confrontation autour du football.

Un casseur est un prédateur de foule.

Et dans les deux cas, la République ne peut pas se contenter de constater les dégâts le lendemain matin. Mais doit comprendre, anticiper, interpeller, juger et sanctionner. Car derrière les vitrines brisées, les véhicules incendiés et les policiers blessés, il y a toujours la même question. Acceptons-nous que chaque grande fête populaire devienne un risque annoncé ? Personnellement, je ne m’y résous pas.

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