Les missiles détruisent des infrastructures. Les drones épuisent les défenses, mais la supériorité militaire ne garantit en aucun cas la victoire psychologique.
La guerre se joue plus que jamais dans les perceptions. Pour ce faire, il faut faire douter l’adversaire, fragiliser sa confiance et convaincre sa propre population que les sacrifices restent nécessaires.
La Russie, experte de la manipulation
La Russie possède sans doute l’une des expertises les plus poussées au monde dans ce domaine. Elle s’appuie sur une longue tradition soviétique de désinformation, de manipulation et d’opérations d’influence.
Son objectif n’est pas toujours d’imposer une vérité. Il consiste souvent à multiplier les versions, à mélanger le vrai et le faux et à rendre toute information suspecte. Lorsque plus personne ne sait ce qu’il doit croire, le pouvoir garde une partie de la maîtrise du récit.
Les structures russes restent opaques. Elles associent le renseignement militaire, des unités cyber, des spécialistes de l’influence, des médias contrôlés par l’État et des relais officieux. Un effectif d’environ 10 000 hommes et femmes est parfois avancé pour l’ensemble de cet appareil. Ce chiffre reste difficile à vérifier, mais il illustre l’importance accordée par Moscou à cette bataille.
Faire entrer la guerre dans le quotidien
En Ukraine, les frappes russes contre les réseaux électriques et les télécommunications poursuivent un double objectif. Elles affaiblissent le pays, mais cherchent aussi à installer la peur, la fatigue et le sentiment que l’État ne peut plus protéger sa population.
Kyiv répond désormais sur le même terrain. Les attaques contre les raffineries, les dépôts de carburant et les centres logistiques russes font entrer la guerre dans le quotidien des russes. Elles fissurent l’image d’un pouvoir capable de maintenir le conflit loin de sa population.
Entre l’Iran et les États-Unis, l’asymétrie militaire est immense. Pourtant, Téhéran n’a pas besoin de vaincre Washington. Il lui suffit de survivre, de riposter et de convaincre l’opinion américaine que la guerre sera longue, coûteuse et sans issue évidente.
Une arme utilisée par toutes les puissances
Les États-Unis disposent depuis longtemps d’unités PSYOP spécialisées dans l’influence. La France possède également des capacités dédiées, notamment au sein du Centre interarmées des actions sur l’environnement et du Commandement de la cyberdéfense.
La guerre psychologique ne consiste donc pas seulement à effrayer l’ennemi. Elle vise à brouiller les cartes dans l’esprit des populations, à déplacer la perception de la victoire et à rendre le réel incertain.
Les armes frappent les corps et les infrastructures. La guerre psychologique, elle, cherche à détruire les certitudes.







