Le 28 février, Donald Trump promettait la liberté au peuple iranien et lançait une guerre aux objectifs immenses. Trois mois et demi plus tard, Washington obtient surtout un cessez-le-feu, la réouverture du détroit d’Ormuz et soixante jours de négociations. La victoire annoncée ressemble, pour l’instant, à un retour au point de départ.
Des ambitions démesurées
Donald Trump affirmait alors que le régime iranien avait massacré des dizaines de milliers de ses propres citoyens. Puis il lançait cette promesse aux Iraniens. « L’heure de votre liberté est arrivée. »
La Maison-Blanche voulait éliminer la menace nucléaire, détruire l’arsenal balistique, affaiblir les relais régionaux de Téhéran, paralyser ses forces navales et permettre au peuple iranien de reprendre son destin en main.
Aujourd’hui, aucun de ces dossiers n’est véritablement clos.
Le MoU, pour Memorandum of Understanding, qui doit être formalisé vendredi à Genève, n’est pas un accord de paix. Il encadre un cessez-le-feu et ouvre une période de négociations de soixante jours. Le programme nucléaire reste à traiter. Les missiles balistiques ne font l’objet d’aucune restriction. La République islamique demeure en place et les Pasdarans restent au cœur du pouvoir.
Ormuz, le levier offert à Téhéran
L’ironie est cruelle. Avant la guerre, le détroit d’Ormuz était ouvert et environ 20 millions de barils de pétrole y transitaient chaque jour.
Les frappes américaines et israéliennes ont créé les conditions permettant à Téhéran de fermer ce passage vital, puis d’en faire son principal levier de négociation. Désormais, Washington lève son blocus naval et accepte de discuter des sanctions afin de rétablir une situation que cette guerre a contribué à détruire.
Une victoire surtout racontée
Donald Trump présentera ce compromis comme une victoire. Pourtant, le bilan reste beaucoup plus ambigu.
L’Iran a subi de lourdes pertes militaires. Cela ne fait aucun doute. Toutefois, son régime n’a pas capitulé. Il pourra raconter qu’il a résisté à la première puissance militaire mondiale sans renoncer à ses missiles, sans abandonner immédiatement son programme nucléaire et sans que le pouvoir des mollahs ne soit renversé.
La force peut détruire des infrastructures et désorganiser une armée. Mais sans stratégie politique, elle ne construit jamais une victoire durable. Elle déplace le problème, puis fabrique parfois une catastrophe plus vaste.
Fut un temps où la puissance américaine reposait aussi sur une stratégie. Aujourd’hui, il ne reste parfois que la puissance.







