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L’Ukraine frappe le talon d’Achille de Poutine

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En visant les raffineries, les dépôts pétroliers et les voies d’acheminement du carburant, Kyiv ne cherche plus seulement à détruire des installations russes. L’objectif consiste désormais à désorganiser la machine de guerre du Kremlin jusque dans ses profondeurs. Et les premiers effets deviennent visibles.

Une Russie qui manque de carburant

Depuis plusieurs semaines, les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes se succèdent presque quotidiennement. Des raffineries importantes, des terminaux pétroliers, des dépôts et des navires transportant du carburant ont été touchés, parfois à plusieurs milliers de kilomètres de l’Ukraine.

La production russe d’essence serait désormais tombée à environ 65 % de ses capacités. Moscou a interdit les exportations de diesel et plusieurs raffineries ont dû interrompre temporairement leurs activités. En Crimée occupée comme dans de nombreuses régions russes, les files d’attente s’allongent devant les stations-service. Les ventes sont rationnées et certaines pompes restent régulièrement à sec.

Pour un pays qui compte parmi les premiers producteurs mondiaux de pétrole, l’image est particulièrement humiliante et désastreuse pour le maître du Kremlin. La Russie ne manque pas de pétrole brut. Elle éprouve désormais des difficultés à le transformer et surtout à transporter suffisamment de carburant là où il est nécessaire.

La pénurie commence à atteindre le front

Le problème ne concerne plus uniquement les automobilistes russes. Des observateurs ont signalé des restrictions de carburant dans certaines unités engagées dans les régions de Kharkiv et de Soumy. Le carburant destiné aux générateurs serait notamment rationné.

Selon les autorités ukrainiennes, les frappes contre les ponts, les camions, les dépôts et les axes logistiques compliquent également l’acheminement des soldats et du matériel. Dans certains secteurs du sud, des fantassins russes auraient dû parcourir plusieurs dizaines de kilomètres à pied pour rejoindre leurs positions. Ces affirmations doivent encore être confirmées de manière indépendante, mais elles montrent que la pression ukrainienne ne se limite plus à un simple effet économique.

La Russie de Vladimir Poutine ne chancelle pas encore, mais sa machine de guerre commence sérieusement à se gripper.

La terreur contre les villes

Dans le même temps, Moscou intensifie ses frappes contre Kyiv et plusieurs grandes villes ukrainiennes. Des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones continuent de toucher des immeubles d’habitation, des commerces et des infrastructures civiles. Les attaques menées depuis le début du mois de juillet ont fait plusieurs dizaines de morts dans la capitale et sa région.

Cette stratégie provoque toujours davantage de destructions et de victimes. Toutefois, après plus de quatre années de guerre, il paraît peu probable qu’elle parvienne à faire plier l’Ukraine. Jusqu’à présent, chaque attaque contre les villes a surtout renforcé la détermination ukrainienne à porter la guerre plus profondément sur le territoire russe.

Kyiv semble avoir trouvé l’un des points faibles du Kremlin. Il ne lui reste plus qu’à démontrer que cette pression peut durer suffisamment longtemps pour peser réellement sur la suite de la guerre.

Mais le principal danger est peut-être ailleurs. Il réside dans l’aveuglement de Vladimir Poutine et dans sa volonté permanente de surenchère. À force d’élargir les frappes, de multiplier les provocations et de repousser toujours un peu plus les limites, le Kremlin prend le risque d’un incident majeur avec un pays membre de l’OTAN.

Ce risque ne se limite d’ailleurs pas à une erreur de trajectoire ou à une frappe mal calculée. Vladimir Poutine pourrait aussi être tenté de rechercher lui-même l’escalade, en provoquant l’OTAN pour tester sa cohésion, sa détermination et ses lignes rouges.

Une telle stratégie serait extrêmement dangereuse. Elle pourrait provoquer un engrenage que plus personne ne maîtriserait. Après plus de quatre années de guerre, c’est sans doute l’un des scénarios les plus inquiétants.

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