Si Donald Trump mettait à exécution ses menaces de frapper les infrastructures iraniennes, le conflit pourrait changer de nature. On ne serait plus dans la démonstration de force, mais on entrerait, au contraire, dans une logique d’escalade dont les conséquences pourraient devenir incontrôlables pour toute la région, et bien au-delà.
Une frappe qui pourrait renforcer ceux qu’elle prétend affaiblir
C’est tout le paradoxe de la guerre, car, en visant des infrastructures vitales, Washington ne prendrait pas seulement le risque d’endommager l’appareil d’État iranien. Une telle attaque pourrait aussi provoquer un réflexe national autour du drapeau. Autrement dit, des Iraniens hostiles au régime des mollahs pourraient, face à une agression de cette nature, faire bloc avec leur pays. En pareil cas, la pression militaire ne fragilise pas toujours le pouvoir. Elle peut, au contraire, lui redonner une forme de légitimité intérieure.
Le Golfe sous la menace d’un embrasement total
Le danger serait d’autant plus grand que toute la région deviendrait une zone de riposte potentielle. Or, certains pays voisins dépendent massivement d’installations stratégiques particulièrement vulnérables, notamment les usines de dessalement qui transforment l’eau de mer en eau potable. En Arabie saoudite comme au Koweït, ces infrastructures sont vitales. Si elles venaient à être frappées, on ne parlerait plus seulement d’un choc militaire ou économique. On parlerait d’une menace directe sur l’accès à l’eau pour des millions de personnes. Par conséquent, une guerre élargie pourrait très vite basculer dans une crise humaine majeure.
L’Occident resterait en première ligne
Enfin, croire qu’un tel scénario resterait cantonné au Moyen-Orient serait une faute d’analyse. Une nouvelle flambée régionale nourrirait inévitablement les logiques de radicalisation, les appels à la vengeance et les risques de passage à l’acte.
De plus, dans un contexte déjà tendu, la menace terroriste en Europe et plus largement en Occident redeviendrait plus aiguë que jamais. C’est pourquoi une frappe contre les infrastructures iraniennes ne serait pas seulement une opération militaire. Elle pourrait être le point de départ d’un désordre beaucoup plus vaste.







