La Coupe du monde de football constitue déjà un défi de sécurité hors norme. Elle est désormais aussi devenue un objet de propagande terroriste.
Le 18 juin, Al-Naba, l’hebdomadaire de l’État islamique, a appelé ses sympathisants à mener des attaques individuelles pendant le tournoi, en visant notamment les villes américaines qui accueillent des matchs.
L’objectif est limpide à savoir semer la peur, provoquer le chaos et frapper là où les foules se concentrent.
Un appel à la violence, pas la preuve d’un attentat
Le texte évoque plusieurs modes d’action, notamment des attaques au couteau, des véhicules utilisés comme armes, ainsi que la possibilité de provoquer des mouvements de foule meurtriers.
Mais attention, cet appel ne démontre pas qu’un attentat est en préparation. À ce stade, aucun élément public ne permet d’affirmer qu’une cellule, un réseau ou un projet précis a été identifié. Toutefois, cela serait une erreur de le balayer d’un revers de main.
La propagande de l’État islamique ne cherche pas seulement à organiser. Elle cherche aussi à inspirer. Elle veut pousser un individu isolé, radicalisé, instable ou déjà engagé dans une trajectoire violente, à passer à l’acte sans attendre d’ordre direct.
Le stade n’est pas le seul enjeu
La Coupe du monde se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Elle rassemble quarante-huit équipes et des millions de supporters répartis dans seize villes hôtes.
Cette ampleur crée un défi considérable. Les stades bénéficient de périmètres sécurisés, de contrôles renforcés et d’une préparation spécifique. En revanche, la menace se déplace souvent vers les espaces plus ouverts.
Les fan zones, les transports, les centres-villes, les abords des enceintes sportives, les hôtels, les bars et les rassemblements improvisés deviennent autant de lieux difficiles à protéger totalement.
La sécurité ne s’arrête donc pas au portique d’un stade. Elle commence bien avant le coup d’envoi et se poursuit longtemps après le coup de sifflet final.
Ne pas céder à la peur, ne pas baisser la garde
Le terrorisme recherche d’abord un effet psychologique. Il veut installer le doute, faire croire que chaque rassemblement est une cible et transformer une fête populaire en moment d’angoisse.
La bonne réponse ne consiste ni à nier la menace ni à l’exagérer. Elle consiste à rester lucide, à maintenir une vigilance élevée et à coordonner les services de renseignement, les forces de sécurité, les organisateurs et les collectivités.
Le Mondial 2026 ne se jouera pas seulement sur les pelouses. Il se jouera aussi dans la capacité des trois pays organisateurs à protéger des millions de personnes sans laisser la peur gagner le match.







