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Menace russe : que disent vraiment les faits ?

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Depuis la réunion organisée vendredi 18 septembre par Emmanuel Macron avec les chefs des partis représentés au Parlement, le débat est relancé : l’exécutif français exagère-t-il la menace russe ? L’Élysée affirme au contraire que les menaces hybrides russes se sont intensifiées et annonce un renforcement de la protection des infrastructures sensibles françaises.

Je n’étais évidemment pas dans la salle et je ne connais pas les éléments classifiés présentés par les services de renseignement. Pour autant, il existe une autre manière d’aborder la question : regarder ce que la Russie a fait au cours des dernières années.

Entre les déclarations et les actes

En 2014, la Russie prend le contrôle de la Crimée. L’Assemblée générale des Nations unies réaffirme alors l’intégrité territoriale de l’Ukraine et considère comme invalide le référendum organisé en Crimée.

Fin 2021, alors que les forces russes se massent autour de l’Ukraine, Vladimir Poutine affirme que la Russie ne veut pas de conflit. Le 15 février 2022, neuf jours seulement avant l’invasion, il déclare encore ne pas vouloir de guerre en Europe.

Le 24 février, l’armée russe envahit pourtant l’Ukraine pour une « opération spéciale ».

Ce précédent est essentiel. Il ne signifie pas qu’il faille considérer chaque déclaration russe comme mensongère. Il rappelle simplement que les intentions affichées publiquement ne correspondent pas toujours aux décisions qui suivent.

Leipzig, un signal supplémentaire

L’affaire de Leipzig mérite, elle aussi, d’être regardée avec attention.

Début août, un drone équipé d’explosifs a visé un avion-cargo ukrainien sur l’aéroport de Leipzig/Halle. Le dispositif n’a pas explosé. L’Allemagne a depuis attribué de manière formelle cette tentative à une opération liée à la Russie, accusation que Moscou rejette.

Si l’engin avait fonctionné, les conséquences auraient pu être autrement plus graves qu’un simple incident matériel, dans un aéroport civil utilisé également comme plateforme logistique.

C’est précisément là que se situe aujourd’hui une partie du problème : cyberattaques, ingérences, sabotages présumés, drones ou actions clandestines permettent d’agir sans franchir nécessairement le seuil d’une confrontation militaire directe.

Alors oui, on peut discuter de la manière dont l’exécutif français présente la menace russe. C’est même nécessaire. Toutefois, avant de conclure à une dramatisation, il faut regarder les faits. Et depuis la Crimée jusqu’à Leipzig, en passant par l’invasion de l’Ukraine, ils imposent au minimum de ne pas prendre les déclarations de Moscou pour argent comptant.

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