La France ne part pas en guerre contre les Houthis. En revanche, elle vient de se placer dans une zone où la guerre pourrait très vite venir à elle.
Une offensive saoudienne se prépare
Selon Reuters, qui cite plusieurs responsables occidentaux et régionaux, l’Arabie saoudite prépare une offensive contre les Houthis au Yémen. L’objectif serait notamment de reprendre le contrôle d’une partie du littoral et de Bab el-Mandeb, détroit stratégique désormais sous la menace directe du mouvement yéménite. L’opération pourrait mobiliser des forces yéménites soutenues par Riyad, avec un appui aérien saoudien. Son calendrier reste encore incertain.
C’est dans ce contexte particulièrement tendu que la France renforce sa présence militaire en Arabie saoudite.
Paris a annoncé l’envoi de soldats, de radars et de systèmes de défense pour protéger Yanbu, principal débouché pétrolier saoudien sur la mer Rouge. Emmanuel Macron n’a pas non plus exclu l’utilisation de Rafale « selon les besoins ».
Et si les Français étaient visés ?
Officiellement, la position française est claire. Jean-Noël Barrot assure que ces moyens auront une vocation « strictement défensive » et récuse tout risque de cobelligérance.
Le problème se trouve ailleurs.
Yanbu est devenu un site particulièrement stratégique pour Riyad, notamment parce qu’il permet d’exporter du pétrole par la mer Rouge en contournant le détroit d’Ormuz. Il constitue donc aussi une cible potentielle pour les Houthis, qui ont déjà multiplié les attaques contre les infrastructures énergétiques saoudiennes.
Si une offensive saoudienne débute, une riposte contre Yanbu n’aurait donc rien d’improbable.
Et si des militaires français étaient directement pris pour cible, la situation changerait immédiatement de nature.
Le risque n’est pas forcément que la France décide d’entrer en guerre contre les Houthis. Il est peut-être plus simple, et plus inquiétant encore.
Que la guerre vienne la chercher.







