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Une faille suffit

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À Crans-Montana, la nuit du Nouvel An a rappelé une vérité rude : une catastrophe n’a pas besoin d’être « improbable » pour se matérialiser. Elle a juste besoin d’une faille et d’un enchaînement d’évènements.

Le déni n’est pas une stratégie

Quand on n’est pas un professionnel de la sécurité, on espère, on rationalise et on se dit que le pire n’osera pas frapper à notre porte. Ce type de réaction est humain, mais le risque, lui, ne négocie pas avec nos croyances et encore moins avec nos certitudes.

Quand le risque « trouve » sa porte

Le dernier bilan provisoire fait état de 40 personnes décédées et 119 blessées.
À ce stade, l’enquête s’intéresse notamment à l’usage en intérieur de feux de Bengale, évoqués dans les premières informations disponibles.

Ce détail, justement, dit beaucoup. En effet, il a suffi d’un « geste banal », d’une matière hautement inflammable, d’une densité de foule et d’une issue moins accessible et l’effet domino commence.

Comme je le répète souvent, les risques sont des êtres vivants. Ils patientent, observent, et testent les mesures qui leur sont opposées et profiteront toujours de la moindre micro-vulnérabilité pour se faufiler.

La chaîne complète, ou rien.

La matérialisation d’un risque résulte toujours de l’interaction entre l’aléa et ce qui rend les personnes et/ou les lieux exposés et vulnérables.

Pour y faire face, il est essentiel que les mesures de prévention et de protection soient cohérentes, proportionnées et véritablement ancrées dans le réel.

De plus, ces mesures ne sont efficientes que si l’on ajoute des systèmes de détection, une alerte robuste et des capacités de réponse quand, malgré tout, ça dérape.

Gérer le risque, ce n’est pas seulement « corriger » une faille, c’est aussi identifier, analyser, traiter, surveiller et communiquer.

Après un drame comme celui qui s’est déroulé à Crans-Montana, on cherche toujours « la » cause. Toutefois, la première question, qui est plus dérangeante, se trouve ailleurs : quelle est la faille que nous acceptons encore, aujourd’hui, en espérant qu’elle restera silencieuse ?

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