Publications / Une faille suffit

Une faille suffit

Linkedin

À Crans-Montana, la nuit du Nouvel An a rappelé une vérité rude : une catastrophe n’a pas besoin d’être « improbable » pour se matérialiser. Elle a juste besoin d’une faille et d’un enchaînement d’évènements.

Le déni n’est pas une stratégie

Quand on n’est pas un professionnel de la sécurité, on espère, on rationalise et on se dit que le pire n’osera pas frapper à notre porte. Ce type de réaction est humain, mais le risque, lui, ne négocie pas avec nos croyances et encore moins avec nos certitudes.

Quand le risque « trouve » sa porte

Le dernier bilan provisoire fait état de 40 personnes décédées et 119 blessées.
À ce stade, l’enquête s’intéresse notamment à l’usage en intérieur de feux de Bengale, évoqués dans les premières informations disponibles.

Ce détail, justement, dit beaucoup. En effet, il a suffi d’un « geste banal », d’une matière hautement inflammable, d’une densité de foule et d’une issue moins accessible et l’effet domino commence.

Comme je le répète souvent, les risques sont des êtres vivants. Ils patientent, observent, et testent les mesures qui leur sont opposées et profiteront toujours de la moindre micro-vulnérabilité pour se faufiler.

La chaîne complète, ou rien.

La matérialisation d’un risque résulte toujours de l’interaction entre l’aléa et ce qui rend les personnes et/ou les lieux exposés et vulnérables.

Pour y faire face, il est essentiel que les mesures de prévention et de protection soient cohérentes, proportionnées et véritablement ancrées dans le réel.

De plus, ces mesures ne sont efficientes que si l’on ajoute des systèmes de détection, une alerte robuste et des capacités de réponse quand, malgré tout, ça dérape.

Gérer le risque, ce n’est pas seulement « corriger » une faille, c’est aussi identifier, analyser, traiter, surveiller et communiquer.

Après un drame comme celui qui s’est déroulé à Crans-Montana, on cherche toujours « la » cause. Toutefois, la première question, qui est plus dérangeante, se trouve ailleurs : quelle est la faille que nous acceptons encore, aujourd’hui, en espérant qu’elle restera silencieuse ?

Related Posts

Hantavirus, le piège du ricanement
Depuis quelques jours, l’hantavirus est entré dans nos écrans, nos conversations et nos réseaux sociaux. Avec lui, une mécanique désormais bien connue s’est remise
Le faible frappe autrement
La guerre asymétrique désigne un conflit dans lequel deux adversaires ne disposent ni des mêmes moyens, ni de la même puissance, ni des mêmes
Les crises invisibles
Une crise n’existe vraiment, aux yeux du monde, que lorsqu’elle trouve son image. C’est brutal, presque cynique, mais notre époque fonctionne ainsi. Tant qu’il
Trump, la faille invisible
L’attaque contre le dîner des correspondants de la Maison-Blanche rappelle une évidence brutale. La protection d’un président ne se joue pas seulement autour de
Présidents sous la menace
Depuis George Washington, la fonction présidentielle américaine porte une part d’ombre. Celle d’un pouvoir immense, exposé, admiré, contesté, parfois haï. Aux États-Unis, la présidence
Le profil qui dérange
L’attaque survenue samedi 25 avril 2026 au Washington Hilton, lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, ne pose pas seulement la question de
Previous
Next