Donald Trump a annoncé, le 3 janvier 2026, que Nicolás Maduro a été capturé puis exfiltré du pays par les États-Unis. Le mot « exfiltration » en dit déjà beaucoup sur la méthode utilisée.
Une onde de choc
Le président américain a annoncé lui-même l’opération et la capture de Nicolás Maduro et de son épouse sur son réseau social (Truth Social).
De son côté, Caracas dénonce une agression et appelle ses concitoyens à la résistance, tandis qu’à ce stade, l’opposition reste prudente.
Il n’a pas été précisé où se trouvent le chef d’État vénézuélien et sa femme.
Exfiltrer n’est pas arrêter
Dans le vocabulaire opérationnel, le mot « exfiltrer » a une signification toute particulière, puisqu’il désigne une opération visant à extraire une ou plusieurs personnes d’une zone donnée, et ce, de manière la plus rapide et discrète possible. Selon CBS News, cette capture et cette exfiltration auraient été conduites par des éléments de la Delta Force (forces spéciales) américaine.
Et le droit international dans tout cela
Il ne fait aucun doute que cette opération va créer des remous en matière de géopolitique et il est très probable que Washington s’appuiera sur l’inculpation prononcée en 2020 par la justice américaine contre Nicolás Maduro pour narco-terrorisme, trafic de drogue, ou encore corruption. Le Département d’État américain a, en août 2025, porté à 50 millions de dollars la récompense pour toute information conduisant à l’arrestation ou à la condamnation du chef d’État vénézuélien. Depuis 2020 cette récompense était de 15 millions de dollars.
Cette opération unilatérale des États-Unis sur le territoire d’un autre État va ouvrir une bataille juridique et diplomatique qui risque de rebattre quelques cartes, et ce, bien au-delà du continent américain.
Pour rappel, la Charte des Nations unies prohibe, en principe, le recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État, sauf en cas de légitime défense. De plus, la Cour internationale de justice rappelle, de longue date, l’immunité des chefs d’État en exercice.
Le précédent, et la suite
Une telle capture et exfiltration d’un chef d’État dans son pays est rarissime, et sera sans aucun doute l’objet de nombreux débats à venir.
À ce stade, les inconnues sont nombreuses, et nul ne peut dire quelles seront les réactions de Caracas. La continuité passera-t-elle par la vice-présidente, ou bien par une tentative de transition à marche forcée ? Les forces armées resteront-elles arrimées au pouvoir, ou basculeront-elles vers une logique de préservation de l’État ?
Enfin, quelles seront les réactions de l’OEA (Organisation des États américains), de l’ONU, des voisins du Venezuela, de la Russie, ou encore de la Chine ? Il ne fait aucun doute, dans tous les cas, que chacun va peser ses mots, puis compter ses intérêts, car, en géopolitique, les précédents finissent toujours par fabriquer des habitudes.







