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Black blocs : la méthode derrière le masque

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Beaucoup les imaginent comme une organisation secrète, dotée d’un chef, d’un quartier général et de règles strictes et c’est une erreur. Les black blocs ne constituent en aucun cas un mouvement structuré, mais une tactique d’action née dans les années 1980 en Allemagne, avant de se diffuser en Europe et au-delà.

Une stratégie rodée

Leur principe simple et redoutable est de se fondre dans la foule en formant un bloc homogène, vêtu de noir, afin d’avoir la capacité d’agir de manière anonyme et coordonnée. Ce choix vestimentaire n’est pas anodin, car il vise à brouiller les identifications individuelles et renforcer aussi l’impression de puissance collective. Cette mise en scène transforme donc chaque cortège en terrain propice à la confrontation.

De multiples profils

Qui compose ces black blocs ? Il n’y a pas de profil unique et l’on y croise des militants d’extrême gauche, des anarchistes, des autonomes ou bien encore des étudiants radicalisés. Dans les blocs, il y a aussi des opportunistes, attirés par l’idée d’en découdre avec les forces de l’ordre. Il est une certitude que tous ne partagent pas la même idéologie, mais ils convergent autour d’un objectif qui est de s’en prendre aux symboles du capitalisme et de l’État : Banques, enseignes commerciales, forces de l’ordre, institutions qui sont autant de cibles perçues comme des incarnations de l’autorité.

Une logique de confrontation

Dans les manifestations, l’objectif est clair. Il faut provoquer une rupture, forcer l’affrontement avec les forces de l’ordre et obtenir une visibilité maximale. Les black blocs cherchent moins à convaincre qu’à démontrer, par la violence, que l’ordre public peut être mis en échec. Cette logique vise à délégitimer les institutions, à affaiblir l’État et, à long terme, à propager l’idée qu’un modèle social sans hiérarchie ni autorité centrale est bel et bien réalisable.

Impossible à dissoudre

Il est impossible d’envisager la « dissolution » des black blocs, puisque ce n’est pas une organisation, mais une méthode. Elle se réactive dans tous les contextes sociaux et politiques tendus, lorsque les conditions sont favorables. Autrement dit, ce n’est pas un groupe que l’on traque, mais une pratique insaisissable, qui renaît à chaque nouvelle vague de contestation.

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