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Sécurité : un socle pour la République

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Liberté, égalité, fraternité. Ce triptyque républicain s’écrit souvent sans sa base. Pourtant, sans sécurité, aucun de ces principes ne tient debout. On peut proclamer les droits ou écrire des lois. Mais tant que la peur gouverne certains quartiers, tant que l’ordre recule, la République reste incomplète.

L’ordre républicain, ce n’est pas une option

Dans l’imaginaire collectif, la sécurité est parfois perçue comme une thématique secondaire, presque technique. Pourtant, elle précède tout. Sans elle, pas de scolarité sereine, de liberté de circuler ou bien encore d’égalité en matière de justice.

C’est dans l’insécurité que les inégalités prospèrent. C’est dans l’insécurité que la loi du plus fort s’impose. Et c’est dans l’insécurité que les citoyens décrochent, un à un, du projet collectif.

L’État protecteur ou l’État absent

Une République qui ne protège pas ses citoyens est une République qui trahit son engagement premier. L’État a entre autres missions de garantir la paix civile, d’assurer l’intégrité des personnes et des biens, d’empêcher les rapports de force sauvages. Quand il échoue, il crée un vide. Et ce vide, d’autres le comblent par des trafics en tout genre, par de la violence ou de la défiance.

Dans certains territoires, l’État est perçu non pas comme un support, mais comme une exception. Il intervient quand tout a déjà dérapé. Il parle fort, mais n’agit plus. Il promet, mais ne tient pas ses promesses sur le long terme. Et ces manquements, au fil du temps, se transforment en rupture.

Sécurité, justice, école : un tout indivisible

La sécurité ne prend pas forme seule. Elle est liée à l’école, à la justice, à la santé psychologique, à la famille, à l’urbanisme, au tissu associatif et à bien d’autres aspects. La sécurité trouve ses fondements dans un ensemble d’actions qui s’enchevêtrent les unes dans les autres.

Il ne suffit pas d’aligner les policiers, mais de reconstruire un cadre tout en posant des limites et en rappelant les règles. Il faut retrouver ce courage de sanctionner ce qui doit l’être dans les meilleurs délais et soutenir ce qui mérite de l’être.

Et tout cela suppose une vision, et non pas seulement un budget. Une vision républicaine. Celle qui dit clairement : la sécurité n’est pas un privilège. C’est un droit.

Quand la sécurité devient un enjeu démocratique

À force de l’avoir négligée, la sécurité est devenue une fracture. Elle alimente la colère, la radicalisation, l’abstention. Elle nourrit ceux qui promettent l’ordre sans la liberté ou l’autorité sans contre-pouvoirs. Plus on abandonne la sécurité aux extrêmes, plus on affaiblit la démocratie.

La République ne peut plus faire l’économie d’un débat franc sur ce sujet. Elle doit reprendre la main. Non pas pour punir plus fort, mais bel et bien pour réaffirmer que la paix n’est pas un luxe. C’est une condition de la liberté.

Il viendra peut-être un jour où la devise de la République sera : sécurité, liberté, égalité, fraternité.

Cet article est issu des réflexions développées dans mon livre Insécurité en France : On n’est pas sorti de l’auberge ! disponible en librairie et sur les plateformes en ligne. Un ouvrage pour comprendre en profondeur les racines, les mutations et les enjeux de l’insécurité aujourd’hui.

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