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Moscou n’est plus loin

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Au début de l’invasion russe, beaucoup imaginaient l’Ukraine balayée en quelques jours. Quatre ans plus tard, Kiev tient toujours et désormais, la guerre que Moscou voulait tenir à distance revient frapper aux portes de la capitale russe.

Les certitudes enterrées

Au début de la guerre, beaucoup d’experts annonçaient presque déjà la fin de l’Ukraine.

Kiev devait tomber vite en trois jours ou quatre jours au plus. L’ armée russe était supposée écraser la résistance ukrainienne, un pouvoir politique appelé à fuir, un pays condamné à disparaître sous le poids de la puissance militaire russe.

Sauf que l’histoire adore humilier les certitudes.

L’Ukraine n’est pas tombée. Elle a résisté et a encaissé. Elle a perdu des villes, des hommes, des infrastructures, une partie de son territoire, mais elle n’a pas disparu.

Et c’est précisément cela qui change tout.

La guerre revient à Moscou

Dans la nuit de samedi à dimanche, Moscou et sa région ont été visées par une attaque massive de drones ukrainiens. Selon les autorités russes, 556 drones auraient été interceptés dans plusieurs régions du pays. Le bilan ferait au moins quatre morts, dont trois près de la capitale russe.

Bien sûr, la prudence reste indispensable.

En temps de guerre, chaque camp communique. Chaque camp minimise ses faiblesses. Chaque camp grossit ses succès. Chaque camp met en scène ce qui l’arrange. Il faut donc regarder les chiffres avec distance, sans naïveté, sans emballement.

Mais le signal stratégique, lui, est limpide.

L’Ukraine ne se contente plus de défendre son territoire. Elle montre qu’elle peut frapper loin et très loin même. Jusqu’au cœur politique de la Russie.

Cela ne signifie pas pour autant que Moscou vacille. Et cela ne signifie pas non plus que le pouvoir russe serait au bord de l’effondrement. Mais cela signifie que la guerre que Vladimir Poutine voulait imposer aux Ukrainiens revient désormais frapper à sa propre porte.

Une nation que l’on croyait condamnée

Cette attaque n’est pas seulement militaire. Elle est aussi psychologique.

Elle rappelle aux Russes que la guerre n’est pas une abstraction lointaine. Elle rappelle au Kremlin que la profondeur stratégique de la Russie n’est plus une garantie absolue. Elle rappelle enfin au monde qu’une armée réputée plus faible peut, avec de la volonté, de l’innovation et de l’endurance, modifier les règles du jeu.

En 2022, certains enterraient déjà l’Ukraine et quatre ans plus tard, elle est toujours là.

Elle est blessée, épuisée, endeuillée, mais elle est là. Et, à travers ces frappes, elle rappelle une vérité que les grandes puissances oublient souvent. Une nation que l’on croit condamnée peut parfois écrire l’une des plus grandes surprises de l’histoire contemporaine.

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