En Iran, les Gardiens de la révolution sont accusés d’avoir ouvert à des enfants dès 12 ans une campagne de recrutement liée à l’effort de guerre. Human Rights Watch et Amnesty International évoquent des mineurs mobilisés pour des patrouilles, des checkpoints, du soutien logistique, parfois armés. Derrière l’horreur morale, il faut voir autre chose : lorsqu’un pouvoir en vient à exposer ses enfants, c’est qu’il révèle aussi sa propre fragilité.
L’enfance transformée en réserve de guerre
Faire entrer des enfants dans l’univers militaire n’est jamais un simple « appoint », mais bel et bien une bascule. En les intégrant à des missions de contrôle, de surveillance ou d’appui opérationnel, un régime brouille volontairement la frontière entre civils et combattants. Il abîme l’enfance, banalise la violence et installe très tôt l’idée qu’une vie mineure peut devenir une variable d’ajustement stratégique. En Iran, les informations recueillies par Human Rights Watch et Amnesty décrivent précisément cette logique : inscription dans des bases du Basij, missions de sécurité, présence de mineurs sur le terrain et propagande assumée autour de leur mobilisation.
Une ligne rouge du droit international
Le droit, sur ce point, est limpide et le cadre onusien fixe l’âge minimum à 18 ans. L’utilisation d’enfants de moins de 15 ans constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire et du Statut de Rome. Autrement dit, on ne parle pas ici d’une entorse secondaire, encore moins d’un détail administratif. On parle d’une violation grave, au cœur même de ce que le droit tente de préserver quand tout s’effondre. Cette idée est qu’un enfant doit rester hors du champ de bataille, pour rester juste un enfant.
Le symptôme d’un pouvoir qui se durcit et s’affaiblit
Un régime qui enrôle ses enfants prétend afficher sa force. En réalité, il montre souvent l’inverse. D’une part, il manque d’hommes, de confiance et souvent de légitimité. D’autre part, il cherche à fabriquer une obéissance précoce, presque réflexe, en militarisant les plus jeunes et cela est toujours un aveu terrible. Car lorsqu’un État demande à l’enfance de combler ses failles, il ne protège plus sa société, mais la dévore. Et il laisse derrière lui des générations marquées par la peur, l’embrigadement et la guerre entrée trop tôt dans les têtes.







