Seize jours après le déclenchement de l’offensive israélo-américaine en Iran, les protagonistes prennent conscience que cette guerre n’aura rien d’une campagne éclair. Le régime des mollahs résiste, enflammant par la même le Moyen-Orient et paralysant le détroit d’Ormuz. Face à cette situation, le baril de Brent a passé le cap des 100 $, laissant craindre que la guerre puisse déstabiliser l’économie mondiale.
Une guerre sans vraie sortie
Le 28 février, au premier jour de la guerre, les Israéliens et les Américains ont frappé fort, mais au 16e jour, il semblerait que ces frappes n’aient pas apporté le résultat escompté. Avant même les bombardements, les services de renseignement américains estimaient qu’une intervention, même prolongée, avait peu de chances de conduire à un changement de régime.
Le régime des mollahs est toujours en place, laissant plus que perplexes les protagonistes qui, malgré leurs déclarations, sont toujours très loin de remporter cette guerre.
Il ne fait aucun doute que certains ont pensé à Washington que cette guerre contre l’Iran allait être la copie conforme de l’opération conduite au Venezuela afin de capturer Nicolas Maduro. Il s’est avéré que le réel était beaucoup moins docile que le fantasme.
Ormuz, le verrou iranien
Dans cette guerre, l’Iran n’a nullement besoin d’infliger aux Américains des coûts stratégiques majeurs, mais simplement de tenir le détroit d’Ormuz et de continuer à harceler les pays du Moyen-Orient afin de créer le chaos. Il semblerait que Téhéran ait déployé des mines dans le détroit, paralysant ainsi le trafic maritime où transit près d’un 5e du pétrole mondial. De facto, cette guerre n’est plus simplement une guerre régionale, mais une guerre économique impactant l’ensemble du monde.
Le risque du débordement terroriste
L’autre risque est sans aucun doute plus insidieux, car lorsqu’un État comme celui des mollahs est sous pression et qu’il ne peut plus répondre de manière symétrique, il recherche alors l’asymétrie, et notamment en commettant des actions terroristes en Occident, mais également des attaques cyber.
Europol a averti que la crise en Iran faisait monter de manière importante ces risques, qui pourraient être mis en œuvre par des cellules dormantes ou des acteurs isolés.
Autrement dit, il est probable que la guerre ne se cantonne pas au Moyen-Orient dans les semaines et les mois à venir. Rappelons que le régime iranien a une très longue tradition et expérience en la matière.







