La mort de Quentin Deranque à Lyon est commentée en boucle avec un réflexe qui est toujours celui du « camp contre camp ». La justice, elle cherche les responsabilités des uns et des autres, afin que justice soit rendue comme cela doit être le cas dans un État de droit.
L’étiquette « Antifa »
« Antifa » n’est ni un parti ni une organisation unique, mais une étiquette portée par des collectifs très différents, allant du militantisme de terrain à la logique d’affrontement.
À Lyon, la jeune garde antifasciste qui a été fondée en 2018 a concentré depuis quelques jours tous les regards. Ce collectif a été dissous en juin 2025, décision qui est contestée devant le Conseil d’État.
Dans les faits, une partie de l’ultragauche fonctionne plus par tactique que par structure, à l’image des black-blocs qui, pour rappel, ne sont pas une organisation, mais une tactique d’affrontement. Les tenues sombres, les visages couverts et les déplacements groupés compliquent l’attribution des violences et, par conséquent, les responsabilités.
Dissolutions et continuités
Le miroir de l’ultragauche est celui de l’ultradroite, dont les modus operandi n’ont rien à envier à ceux de l’ultragauche.
Et là aussi, des collectifs à l’image du GUD Paris (2024) ou bien encore de Génération identitaire (2021) ont été dissous pour provocation à la haine et à la violence et agissements violents.
Si les sigles tombent, les codes et la détermination des militants restent intacts, et quand une action militante se transforme en des affrontements de rue, chaque camp se persuade qu’il ne fait que répondre aux invectives du camp adverse.
À la fin, il n’y a plus de politique, mais toujours des corps sur les trottoirs.







