Suite à la diffusion par la justice américaine d’environ 3,5 millions de pages liées à l’affaire Epstein, plusieurs commentateurs, dont le Premier ministre polonais Donald Tusk, avancent que l’affaire pourrait relever d’une « honey trap ». Il a même annoncé la mise en place d’une équipe d’analyse, en expliquant qu’il voulait vérifier d’éventuelles pistes polonaises dans les documents récemment publiés, et en évoquant l’hypothèse d’une exploitation par un service de renseignement russe (information rapportée notamment par Reuters).
Une honey trap, c’est quoi ?
Une honey trap, c’est un piège par la séduction.
En l’espèce, il s’agit de fabriquer de toutes pièces une relation accélérée et scénarisée, dans un but extrêmement précis. Il peut s’agir d’obtenir de l’information, un accès à une personne, des services, ou encore des documents. Le principe est simple : construire une histoire amoureuse alors que, derrière, il y a un metteur en scène.
Pourquoi le mot revient-il avec Epstein ?
L’écosystème mis en place par Epstein ressemble à un « terrain de jeu » idéal pour créer des leviers puissants et exercer une influence sur des personnes très exposées. L’organisation de trafic sexuel autour d’Epstein est aussi lugubre qu’elle peut être machiavélique si une telle débauche a été mise en place à des fins spécifiques, notamment de chantage.
Plausible n’est pas prouvé.
Face à une telle situation, la tentation intellectuelle est grande : si un système existe, alors quelqu’un a dû l’exploiter. Sauf que la réalité adore humilier nos raccourcis.
Dans ce type d’affaires, la marche est très haute entre le plausible et le prouvé. Pour basculer dans une logique de manipulation, à des fins de renseignement et de chantage, il faudra bien plus que des intuitions : des chaînes de financement et de communication, des circuits d’archivage, des liens démontrés avec une puissance étrangère, etc. Sans éléments solides, une telle affaire ne passera pas du stade de la probabilité à celui de la certitude.
Il est fort possible que cette affaire réserve encore des « surprises ».







