Les manifestations qui ont débuté fin décembre 2025, en Iran, suite à l’effondrement du rial et d’une colère sociale ont été écrasées avec une brutalité effroyable. Cette répression est décrite comme étant la plus sévère depuis le renversement du shah d’Iran, en 1979.
À ce stade, le nombre précis des victimes est inconnu, et cela, même si la télévision d’État avance le nombre de 3 117 morts, chiffre qui, pour de nombreuses organisations humanitaires, est très largement sous-estimé, puisque certaines O.N.G. estiment que cette répression aurait fait des dizaines de milliers de morts.
À ces décès, plus de 8 000 personnes auraient été gravement blessées et 27 000 personnes interpellées par le régime des mollahs.
Pour arriver à leur fin, les forces de sécurité iraniennes ont depuis très longtemps mis en œuvre à une mécanique « parfaitement huilée ».
Éteindre les réseaux pour effacer les traces
Tout d’abord, les forces de sécurité coupent Internet et neutralisent les VPN, dans le but de créer un black-out, afin d’empêcher que des preuves des massacres puissent circuler en dehors des frontières iraniennes.
De plus, toutes les photographies et autres vidéos sont systématiquement confisquées lorsque des manifestants se font interpeller.
Rendre la rue toxique
Ensuite, les villes se militarisent avec la création de checkpoints, des patrouilles des unités anti-émeute, mais également des gardiens de la révolution (IRGC) et autres unités en civil.
Ces actions ont pour objectif d’étouffer tous les rassemblements, mais aussi d’être en mesure de les réprimer de manière systématique et avec une violence sans borne.
En espèce, la stratégie est que les rues deviennent « toxiques » pour tous ceux qui prendraient le risque de s’y aventurer.
Piéger les blessés
Les blessés deviennent également des cibles, puisque, dans le cadre de ces répressions, l’hôpital n’est plus un refuge. En effet, les forces de sécurité font pression sur les médecins et infirmiers, afin qu’ils dénoncent toutes les personnes blessées par arme à feu.
Dans de telles circonstances, un grand nombre de blessés font le choix de ne pas se rendre dans les hôpitaux afin d’échapper aux interpellations.
La détention comme brouillard
Dans le même temps, les arrestations collectives se succèdent et les personnes interpellées sont transférées généralement vers des sites non officiels dans le but de rendre ces personnes introuvables.
Selon des ONG, cette opacité sur les lieux de détention n’est en aucun cas un dysfonctionnement, du régime, mais bel et bien une stratégie.
Fabriquer la culpabilité, accélérer la justice
Une autre étape permet au régime de reprendre la main en fabriquant de toutes pièces des récits justifiant la répression.
Pour ce faire, les confessions sont arrachées, l’accès aux avocats entravé et les aveux signés sous la contrainte.
Le mohareb, souvent traduit par « guerre contre Dieu », peut entraîner la peine de mort (Code pénal islamique iranien, article 279). Des ONG et l’ONU décrivent les procédures comme expéditives. La justice ne tranche plus : elle entérine un récit.
Écraser le deuil pour casser la mémoire
Enfin, les menaces contre les familles se perpétuent jusque dans le deuil, puisque les enterrements sont sous contrôle et les intimidations visant les familles sont constantes afin de permettre aux mollahs d’imposer leur vérité.
Dans ces circonstances, les victimes seraient mortes dans un « accident », ou seraient des « émeutiers » ou des « terroristes ». Toute autre version est immédiatement réprimée.
Les monstres changent de costume, mais jamais de méthode. L’Iran des mollahs en est la preuve.







