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Trump, la stratégie du pas de plus

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Un ami m’a demandé jusqu’où Donald Trump pouvait aller. Cette question m’a fait sourire, parce que le Président américain évolue dans un monde parallèle où les limites ne servent pas à cadrer, mais à être repoussées.

Contrairement à ce que certains imaginent, Trump n’est pas imprévisible et je dirais même que c’est le contraire. Il annonce, il teste, il insiste, puis il avance.

Il y a, derrière une telle démarche, deux ressorts très humains qui expliquent beaucoup de choses sans avoir besoin d’inventer des théories compliquées.

Deux biais très humains, et un cocktail explosif

Tout d’abord, il y a l’effet Dunning-Kruger, qui est une certitude qui peut surgir lorsque l’on ne perçoit pas bien la complexité d’un sujet. Dans ce cas, on parle fort, on tranche, on promet, tout simplement parce que, dans les faits, la personne est incapable de voir ce qu’elle ne voit pas.

D’autre part, il y a aussi la supériorité illusoire, qui est l’idée profonde d’être au-dessus des autres, au-dessus des règles et, par conséquent, au-dessus de toutes les contraintes.

L’ivresse de la victoire : « tout se tente »

Si vous amalgamez ces deux effets, vous avez alors un mélange redoutable qui permet d’avoir un aplomb incroyable, mais également un réel plaisir à bousculer l’ordre établi.

Enfin, si vous ajoutez à cela une ivresse de la victoire, qui a été nourrie par de récents succès, tels que les droits de douane que le président américain a su imposer au reste du monde, ou bien encore son récent succès sur un plan tactique au Venezuela, alors vous obtenez bien plus encore : un président persuadé que tout se négocie, que tout s’arrache et, plus généralement, que tout se tente.

Alors oui, le président américain fera ce qu’il estime devoir faire pour mettre la main sur le Groenland, et il n’hésitera pas une seconde à jouer les shérifs en Colombie, ou bien encore à Cuba.

En conclusion, calmer l’appétit d’un profil comme Donald Trump est presque impossible : on ne le « raisonne » pas, on le contient, et il ne s’arrêtera que s’il percute un obstacle plus dur que lui.

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