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Pour ne pas oublier

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D’une soirée de football à Saint-Denis à l’assaut final au Bataclan, la chronologie du 13 novembre 2015 est implacable. Revenir pas à pas, sans fard, pour mettre des heures sur des faits et des vies.

Aux abords du Stade de France

21 h 16. Première déflagration à l’extérieur du Stade de France, alors que France-Allemagne a commencé depuis seize minutes. Deux autres explosions suivent à 21 h 19 et 21 h 53. Les kamikazes n’entrent pas dans l’enceinte et sont refoulés par le service de sécurité du Stade de France. Ils déclenchent alors leurs ceintures à l’extérieur. Le bilan immédiat est d’un mort (hors terroristes) et des blessés, le match est maintenu pour éviter un vent de panique.

Les terrasses, la sidération

Vers 21 h 25-21 h 40, une équipe en Seat León ouvre le feu sur des lieux de vie du 10e et du 11e arrondissement de Paris. Les établissements visés sont : Le Carillon et Le Petit Cambodge, Bonne Bière et Casa Nostra et la Belle Équipe. Un kamikaze se fera sauter au Comptoir Voltaire sans tuer d’autres personnes.

Le Bataclan : de la fusillade à la prise d’otages

Peu avant 21 h 50, trois hommes entrent au Bataclan pendant le concert des Eagles of Death Metal et ouvrent le feu. Les spectateurs se réfugient dans les coulisses et les toilettes, alors que d’autres réussissent à fuir les lieux. Un équipage de la Brigade anticriminalité 75N, arrivé très tôt, riposte et sauve des vies dans les premières minutes.

La BRI-PP est alors engagée, évacue, progresse et gagne mètre par mètre. Pendant ce temps, l’hôpital, les pompiers, le SAMU montent en puissance avec le plan Rouge Alpha.

L’assaut final de la BRI

À 00 h 18, sur autorisation du préfet de police, l’assaut est lancé par la BRI, appuyée par des équipes du RAID. Les couloirs sont exigus et les tirs sont nourris. Deux terroristes sont neutralisés, l’un actionne sa ceinture, l’autre meurt dans la déflagration. C’est alors que les otages sont exfiltrés. L’action s’achève à 00 h 23.

Bilan humain et portée

Le lendemain, la France compte 129 morts ; le bilan s’établira finalement à 130 victimes, 413 blessés hospitalisés, dont 99 en urgence absolue. Le Bataclan concentre la plupart des décès (90), devant les terrasses (39) et le Stade de France (1).

L’Europe, le droit, la réponse

En Europe, la menace djihadiste se lit alors à une échelle nouvelle. Selon Europol, les attentats de Paris en janvier et novembre 2015 marquent un basculement avec une volonté des groupuscules terroristes d’infliger des pertes massives avec des attaques coordonnées.

Selon l’ONU, par la résolution 2249 adoptée à l’unanimité le 20 novembre 2015, l’organisation terroriste « EIIL/Daech » constitue une menace d’une gravité sans précédent. Les États sont appelés à intensifier et coordonner leurs efforts pour « éradiquer le sanctuaire » en Irak et en Syrie. La France inscrira ses actions dans ce cadre.

Ce que la nuit nous a appris

La coordination des commandos, les ceintures au TATP, la simultanéité multi-sites, autant d’actions qui visaient la sidération. Les forces d’intervention ont dû tenir plusieurs fronts en même temps pour sauver des vies et frapper juste.

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