En date du 22 mars, la guerre a clairement changé de nature puisque Donald Trump a donné à l’Iran 48 heures pour ouvrir intégralement le détroit d’Ormuz. Dans le cas contraire, le président américain a indiqué que les États-Unis frapperaient toutes les centrales électriques iraniennes, en commençant par la plus importante d’entre elles. Face à cet ultimatum, Téhéran a menacé de viser les infrastructures énergétiques, hydriques et technologiques des pays du Golfe.
Le conflit ne se limite donc plus au seul domaine militaire, mais glisse désormais vers les infrastructures vitales.
Le Golfe sous pression
Dans ce conflit, il est incontestable que le détroit d’Ormuz constitue un point de bascule. De son côté, l’Iran affirme que le détroit reste accessible à certains navires, mais, dans les faits, le trafic maritime est dégradé à plus de 95 %. Les mines et autres drones constituent une menace telle que les armateurs ne peuvent plus prendre le risque de faire transiter leurs navires par ce détroit. En l’espèce, le verrou n’est plus seulement militaire, mais également psychologique, logistique et assurantiel.
La quasi-fermeture du détroit a entraîné une hausse du baril de Brent, qui atteignait récemment les 112 dollars, soit son plus haut niveau depuis juillet 2022. Le G7 a déjà pris des mesures pour assurer ses approvisionnements énergétiques, ce qui ne constitue pas en soi une nouvelle rassurante, puisque, quand les grandes puissances se transforment en gestionnaires de crise, c’est que la guerre a déjà débordé de son champ de bataille initial.
L’Europe déjà exposée
Europol a réaffirmé que la crise iranienne faisait monter d’un cran le risque terroriste et cyber sur le continent européen. En effet, lorsqu’un régime tel que celui des mollahs est sous pression et qu’il ne peut plus agir de manière symétrique, il bascule alors dans une guerre asymétrique.
Une guerre qui s’étend
Il ne fait aucun doute aujourd’hui que les États-Unis et Israël espéraient une guerre éclair. Ces deux pays se retrouvent aujourd’hui face à une guerre qui pourrait être bien plus longue, plus coûteuse et surtout bien plus imprévisible pour le monde. Si Téhéran montre quelques signes d’essoufflement sur un plan militaire et logistique, il continue néanmoins à frapper Israël et les pays du Golfe qui, jusqu’alors, ont tout mis en œuvre pour ne pas être parties prenantes dans ce conflit, malgré les frappes régulières. Si Téhéran venait à mettre ses menaces à exécution en frappant massivement les ressources hydriques ou pétrolières, il ne fait alors aucun doute que la situation changerait de manière radicale. Plus cette guerre s’étale dans le temps, plus elle devient économique. Et plus elle devient économique, plus elle devient mondiale.







