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Mojtaba Khamenei

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Le nouveau guide suprême de l’Iran, Mojtaba Khamenei, n’a pas seulement succédé à son père, il a sans aucun doute hérité également de sa cruauté, et tout indique qu’il entend la durcir encore.

Désigné dans la nuit du 8 au 9 mars 2026 par l’Assemblée « des experts », alors qu’il n’a jamais occupé de véritables fonctions électives, le nouveau guide suprême s’impose moins comme un homme d’État que comme un pur produit du régime.

Âgé de 56 ans, il est discret en apparence, mais redouté en coulisses, et surtout très étroitement lié aux Gardiens de la révolution et à tous les réseaux sécuritaires qui tiennent l’Iran d’une main de fer.

Une cruauté politique bien installée

La réputation de Mojtaba Khamenei s’est construite dans le sang lors des séquences où le régime iranien a choisi d’écraser son peuple. Il a été associé très étroitement à Mahmoud Ahmadinejad lors de la présidentielle contestée de 2009, mais également à la répression violente du Mouvement vert.

Il est aussi étroitement lié au Basij et aux Gardiens de la révolution, forces sécuritaires dont l’une des missions est de transformer toutes les contestations en prison, en peur et en silence.
Son arrivée au sommet du régime ne laisse aucune place à la moindre forme d’assouplissement et annonce au contraire une version bien plus dure et revancharde.

L’argent comme colonne vertébrale

Mojtaba Khamenei a aussi un autre visage, à savoir celui d’un héritier qui a grandi dans une économie opaque, qui dispose de dizaines de milliards de dollars d’actifs, disséminés dans des fondations parapubliques iraniennes, les bonyads.

Khamenei junior n’émerge donc pas seulement d’une filiation religieuse, mais il sort d’un système où la foi sert avant tout de paravent à la rente, à la corruption, au favoritisme et à l’accumulation du pouvoir.

Une succession qui dit tout

Ce qui est frappant dans cette succession, c’est qu’un fils succède à son père dans une République islamique qui est née contre une monarchie. Cette désignation montre bien, si besoin en était, que le régime veut structurer un bloc encore plus dur, soudé autour de forces sécuritaires et d’une idéologie clanique.

S’il est difficile, dans un tel contexte, de prédire l’avenir, il est toutefois peu probable que, sous le règne de Mojtaba Khamenei, l’Iran puisse montrer des signes d’ouverture et de transition. Il est beaucoup plus probable que le pays accélérera une consolidation toujours plus brutale.

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