Avant d’être physique, la violence est très souvent idéologique. Je parle de ces violences, qu’elles soient politiques, militantes ou bien encore identitaires. Je parle de cette violence qui se pense avant de prendre forme physiquement.
Au départ, il ne s’agit pas de frapper, mais de rendre chaque coup acceptable.
Quand l’idée prépare le geste
Pour la mettre en œuvre, le mécanisme est presque toujours le même.
Il y a d’un côté les idéologues et autres souffleurs de braise, qui fabriquent des récits simplistes dans lesquels le monde est noir ou blanc, et dans lesquels « nous » serions purs et « eux » coupables.
Et, de l’autre côté, il y a les petites mains qui iront porter sur le terrain ces courants de pensée, et cela, aussi bien sûr sur un plan verbal que physique.
Les souffleurs de braise et les petites mains
Dans une démocratie, la problématique n’est en aucun cas de défendre une pensée, mais bel et bien la manière qui est mise en œuvre.
Généralement, le tout premier acte est la disqualification, le second la stigmatisation, le troisième est l’humiliation, et enfin vient la déshumanisation.
À force de répéter qu’un adversaire est une menace, un traître ou une vermine, etc., on finit par transformer la violence en réponse, puis en nécessité ultime.
Ce sont toujours les mots qui préparent les gestes.
La mécanique de l’escalade
Dans un groupe, quel qu’il soit, l’escalade reste mécanique, puisque l’invective devient une monnaie, la surenchère un rite et l’excès sous toutes ses formes une preuve de loyauté.
Qu’elle soit verbale ou physique, la violence n’a jamais été la source du bien-être de tous. Les violences n’aboutissent qu’à plus de peur, plus de fracture, et trop souvent plus de brutalité.
La violence commence quand la parole ne suffit plus pour convaincre.







